Les lectures de Nymi

Dimanche 31 octobre 2010 à 16:14

Coraline
Neil Gaiman 

 

 

Première publication en 2002
153 pages
 

 http://cristaux-de-verre.cowblog.fr/images/couv20719046.jpg 

 





Quatrième de couverture :

 

Coraline vient de déménager et découvre son environnement, une étrange maison qu'elle et ses parents partagent avec des voisins peu communs : deux anciennes actrices et un vieux toqué éleveur de souris savantes. "Je suis une exploratrice !", clame Coraline.
Gare pourtant : derrière la porte condamnée, un monde magique et effrayant l'attend.

 

 

 

 

En fourrageant dans le rayon « Littérature adolescente » à la bibliothèque, je suis tombée sur ce petit livre dont j’entend décidément beaucoup parler. Possédant l’adaptation à la maison, je me suis donc décidée à découvrir ce conte, en commençant évidemment par le livre !

 

Coraline est fille unique et vient d’emménager dans une nouvelle maison avec ses  parents. Comme ils sont tout deux très occupés et n’ont donc pas le temps de s’occuper d’elle, la petite décide d’explorer cette nouvelle maison et le terrain qui l’entoure. Elle fait tout d’abord la connaissance de ses voisins, étranges et particulièrement loufoques mais qui seront les premiers à la mettre en garde contre le terrible danger qui la menace. Car Coraline découvre rapidement une petite porte donnant sur un mur de brique, qui sépare l’appartement de celui d’à côté. Mais un jour, le mur de briques a disparu et Coraline ne résiste pas à l’envie d’emprunter le tunnel qui la conduit jusqu’à l’appartement jouxtant le sien. Et là, surprise, elle se retrouve dans son appartement et y retrouve sa mère. Enfin sa mère, une femme ayant l’apparence de sa mère mais dont les yeux sont remplacés par des boutons. Celle-ci prétend être « l’autre mère » de Coraline et permet à la petite fille de vivre de merveilleuses heures en sa compagnie et celle de « l’autre père ». Des heures pendant lesquels Coraline peut jouer avec eux, découvrir un monde magnifique et goûter à des plats succulents. En bref, un univers bien différent de son quotidien. La petite est séduite mais la condition pour rester est d’accepter que son « autre mère » lui couse des boutons à la place des yeux…

 

Autant le dire tout de suite, j’ai adoré l’univers que Gaiman a créé pour ce conte ! Cette ambiance pesante, lourde et angoissante est parfaitement décrite et produit exactement l’effet escompté. De même, le sentiments d’urgence de la situation provoque des montées d’angoisse parfaitement maîtrisées par Gaiman de façon à ce que le lecteur soit totalement happé par le récit et ne puisse refermer le livre sans en connaître la conclusion.

 

Les personnages proposés sont plutôt intéressants. Coraline se révèle attachante malgré une forte prédisposition à être capricieuse. J’ai beaucoup aimé les descriptions des voisins de Coraline qui, sans être fous, possèdent tout de même un fort potentiel d’étrangeté.

 

L’intrigue est menée d’une main de maître et le suspense grandit au fur et à mesure que la tension monte. Les retournements de situation sont parfaitement amenés et le fait que chaque événement – même minime – ait une importance fait bien comprendre que Gaiman maîtrise parfaitement son conte.

 

L’adaptation de Selick est simplement superbe. Quelques libertés sont prises par rapport au livre (ajout d’un personnage, d’une poupée et fin légèrement différente), mais l’ambiance est gardée. Là aussi la tension monte graduellement et l’aspect visuel apporte une dimension intéressante. A ne pas regarder en soirée si comme moi vous êtes facilement impressionnables !

 

En bref, une lecture très agréable et une excellente découverte !

Lundi 8 novembre 2010 à 19:47

Les Chevaliers du Subjonctif
Erik Orsenna 

 

 

Première publication en 2004

181 pages

 http://cristaux-de-verre.cowblog.fr/images/couv22485860.jpg 

D'autres titres :

La grammaire est une chanson douce



Quatrième de couverture :

 

Il y a ceux qui veulent gendarmer le langage et le mettre à leur botte, comme le terrible Nécrole, dictateur de l'archipel des Mots, et la revêche Mme Jargonos, l'inspectrice dont le seul idéal est d' « appliquer le programme ». Et puis il y a ceux qui ne l'entendent pas de cette oreille, comme Jeanne et Thomas, bientôt traqués par la police comme de dangereux opposants...

Leur fuite les conduira sur l'île du Subjonctif. Une île de rebelles et d'insoumis. Car le subjonctif est le mode du désir, de l'attente, de l'imaginaire. Du monde tel qu'il devrait être...

 

 



Après avoir découvert Erik Orsenna avec La grammaire est une chanson douce, j’ai décidé de continuer la saga, puisque Les Chevaliers du Subjonctif sont la suite de ce roman.

 

Nous retrouvons ainsi Jeanne et Thomas sur l’île des mots, deux ans plus tard. La dictature du Président Nécrole s’affirme et de nombreuses interdictions se mettent en place au grand damne d’un certain nombre d’îliens. Nous retrouvons Jeanne, un peu plus âgée, en quête depuis peu. Son objectif ? Comprendre ce qu’est l’Amour. Ses recherches l’emmèneront jusqu’à l’île des Sujonctifs, peuple rêveur chez lequel tout est possible et où chacun peut imaginer un futur meilleur, ce que Nécrole veut détruire pour affirmer son pouvoir.

 

J’ai retrouvé avec plaisir la plume d’Orsenna, peut-être un brin moins poétique que dans son livre précédent, mais toujours agréable à lire. Nous découvrons ici la conjugaison française et apprenons à la comprendre. Une nouvelle fois, les personnifications permettent aux plus jeunes de se faire une idée plus ludique de la langue française.

 

A travers cette volonté de Nécrole d’exterminer les Subjonctifs, Orsenna met en place un véritable réquisitoire visant à démontrer l’utilité de ce mode bien souvent peu connu. Le subjonctif est pourtant le mode de tous les possibles, c’est une façon de refaçonner la réalité, de verbaliser ce que l’on souhaiterait voir devenir réalité. C’est en ce sens que les mots peuvent menacer les dictateurs tels que Nécrole. Avec les mots, tout devient possible, même les rêves les plus fous.

 

J’ai cependant trouvé un peu pénible les dialogues et pensées souvent niaises des personnages. C’est cette remarque en plus de la facilité d’accès à ce livre qui me conforte dans mon idée qu’il d’agit manifestement plus de romans pour enfants que pour adultes.

 

En bref, une lecture agréable, mais qui n’aura pas su être à la hauteur de La grammaire est une chanson douce. Dommage.

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